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120e anniversaire
Fondation des congrégations de la Fraternité Sacerdotale et des Oblates de Béthanie


Logo du 120ième anniversaire de Fondation des congrégations de la Fraternité Sacerdotale et des Oblates de Béthanie

Les débuts, boulevard Péreire

Après avoir passé huit mois à Rome et aux alentours, le père Eugène Prévost et sa sœur Ninette rentrent à Paris le 21 août 1901, munis de l’approbation du pape Léon XIII pour procéder à la fondation de deux nouvelles congrégations, vouées à venir en aide aux prêtres. Le père Prévost doit se montrer très prudent. D’une part, le gouvernement français a passé (et passera) plusieurs lois rendant l’apostolat des communautés religieuses de plus en plus difficile. D’autre part, le cardinal Richard, archevêque de Paris, est âgé, et craint de mécontenter les religieux du Saint-Sacrement qui n’ont pas pardonné au père Prévost d’être sorti de leur congrégation. Un des vicaires généraux de Paris, M. Thomas, rassure cependant le fondateur : l’archevêque encourage la fondation, en autant que tout se fasse dans la discrétion.

Dès le lendemain de son arrivée, Eugène Prévost, accompagné du chanoine Louis de Bretagne, part à la recherche d’une résidence pour la Fraternité Sacerdotale. Ils visitent le 199, boulevard Péreire, à Paris, qui semble très bien convenir mais se révèle déjà loué. Cependant, le locataire ne peut prendre possession de la maison, et le propriétaire l’offre alors au père Prévost, heureux de trouver un logis. Au cours de la conversation, il apprend que le dernier locataire de la maison avait été Mgr René Villatte, un évêque schismatique. Le fondateur y reconnaît un clin d’œil de la Providence : après avoir abrité un ennemi de l’Église, la maison abritera désormais des religieux au service du clergé. Quelques jours plus tard, le père Prévost rencontre le cardinal Richard en personne. Celui-ci l’autorise à s’établir à Paris et à conserver le Saint Sacrement dans l’autel de la chapelle.

Le père Prévost dispose désormais de quelques recrues pour la Fraternité Sacerdotale et d’une maison… vide! Le fondateur mobilise alors son réseau, particulièrement autour de Paris et dans le sud-ouest de la France où il effectue un bref séjour. Jésus pourvoit aux besoins de son serviteur : des bienfaiteurs et plusieurs bienfaitrices assurent l’ameublement de la maison et de la chapelle, soit par des dons en argent, soit en offrant meubles et ornements liturgiques. Mesdames Chanel, Gilbert et Dupuis-Gauthier, se montrent particulièrement généreuses. Le père Prévost reçoit des dons importants du prieur de la Grande Chartreuse, et plusieurs prêtres contribuent à coup de 10, 50 ou 100 francs (100 francs en 1900 équivalant à environ 350 dollars aujourd’hui). Le père Prévost écrira dans son journal : « C’est ici encore où Jésus va manifester sa protection d’une façon merveilleuse. En moins de quinze jours, Il nous a tout envoyé ce qui nous était nécessaire pour faire la fondation. Je n’ai acheté que les lits, chaises et tables pour meubler cinq chambres, afin d’habiter la maison sans retard. Je n’ai rien demandé et tout m’est venu comme par enchantement. Et chose digne de remarque, Jésus a inspiré toutes les personnes qui m’ont donné, de ne point donner la même chose, et cela sans qu’elles le sachent. » (Journal personnel, carnet 22, 21 au 31 août 1901.)

Tout se passe si bien que, le 8 septembre 1901, jour de la Nativité de la Vierge Marie, l’ouverture de la maison est célébrée par une messe présidée par le père Prévost, entouré des abbés Darracq, Jaurégui et Machado, deux prêtres vénézuéliens. Le chant est assuré par Ninette et les sœurs Marie et Geneviève Gaston; un ami du fondateur, Paul Cheyrouse, joue du violon. L’autel de la chapelle était celui de Theresia Cleri, une pieuse dame de Paris engagée dans l’Association des prêtres adorateurs avec le père Prévost. L’autel est surmonté d’une statue de Notre-Dame du Saint-Sacrement, dont le vocable sera désormais « Reine du Clergé », dite la « Vierge au petit doigt ».

Comme les ouvriers n’ont pas terminé les travaux, ce n’est que deux jours plus tard que le père Prévost et ses compagnons peuvent s’installer. Ils sont cinq à commencer leur noviciat : le père Jean Darracq (1847–1920), du diocèse d’Aire; le père Manuel Jaurégui Moreno (1848–1904), du Venezuela; le frère Brunet, un Canadien; le frère Alphonse, ex-religieux du Saint-Sacrement; et le frère Deméocq, du diocèse de Poitiers. Tous quitteront assez rapidement, sauf le père Darracq, qui se révélera un auxiliaire précieux pour le fondateur malgré la demi-surdité qui l’a obligé de se retirer du ministère actif dans son diocèse d’origine. Le dimanche suivant, le15 septembre, en la fête du Saint Nom de Marie, le Saint Sacrement est réservé à l’autel et l’adoration eucharistique peut commencer de façon régulière.

À la fin du mois, le père Prévost se rend à la préfecture : en plus de s’inscrire comme étranger résident, il acquiert une patente de pension. De cette manière, les activités de la Fraternité demeureront dans l’ombre, les prêtres recueillis étant identifiés comme des pensionnaires. Mais le père Prévost, tout en aidant des prêtres individuellement en les conseillant et en leur faisant l’aumône, n’est pas pressé de lancer les religieux dans l’apostolat : il désire d’abord leur assurer une bonne formation religieuse.



Photographie de la maison où vécurent le père Prévost et les premiers religieux de la Fraternité Sacerdotale jusqu'en 1903
Le père Prévost et les premiers religieux de la Fraternité Sacerdotale ont vécu au 199, boulevard Péreire, jusqu’en avril 1903. La petite maison a été remplacée par un immeuble à plusieurs étages en 1927 (photo prise en 2018).



Photographie du Livre à souches ouvert et remis au père Eugène prévost par la préfecture de Paris
Le livre à souches, remis au père Prévost par la préfecture de Paris. Le premier « pensionnaire » inscrit est l’abbé Jaurégui, qui commencera son noviciat puis deviendra prêtre auxiliaire avant de mourir prématurément, trois ans plus tard.

Le soutien de Léon XIII

Si les difficultés internes menaçaient les projets du père Eugène Prévost, le contexte historique en France n’était pas des plus favorables. Depuis 1881, la Troisième République faisait la vie dure aux congrégations : dissolution des Jésuites puis des Assomptionnistes, expulsion de congrégations non autorisées, imposition du service militaire aux novices et séminaristes, lois de plus en plus restrictives concernant l’enseignement. Entre 1901 et 1903, une série de lois et de décrets obligeront des milliers de religieuses et religieux à choisir entre l’exil, la sécularisation ou la clandestinité.

Mais la vie religieuse jouissait également d’un support résolu de la part des papes. Tout au long du XIXe siècle, c’est par centaines que de nouvelles congrégations de pères, de frères et surtout de sœurs sont créées pour répondre aux besoins de la société et de l’Église. Après un peu d’hésitation, Rome accordera reconnaissance et support à ces nouvelles communautés, qui seront reconnues comme faisant partie de l’état religieux canonique par la constitution Conditæ a Christo (8 décembre 1900), du pape Léon XIII.

Après sa retraite à la maison de Sarcelles, en décembre 1899, Eugène Prévost a fait le sacrifice de sa vocation de disciple du père Eymard et est prêt, à 40 ans, à tout quitter pour répondre à la volonté de Dieu, discernée à travers son apostolat auprès des prêtres. C’est tout naturellement qu’après avoir obtenu la dispense de ses vœux comme religieux du Saint-Sacrement, il se dirige vers Rome, en décembre 1900, pour faire connaître son projet au Souverain Pontife.

D’un point de vue humain, c’était une audace insensée : vouloir faire approuver non pas une, mais deux congrégations religieuses, dont l’une allait se vouer à l’œuvre délicate de l’aide aux prêtres en difficulté, et l’autre, offrir sa prière et son travail pour la réussite de ce projet. Pour tout personnel, trois personnes (dont deux ne persévéreront pas dans l’Œuvre), sans maison où demeurer ni source de revenu assurée. Qu’importe : s’en remettant entièrement à Jésus, Prêtre et Victime, le père Prévost retourne à Rome, qu’il n’avait pas revue depuis la fin de ses études. Il peut compter sur l’aide de Mgr Vincent Tarrozzi, secrétaire du pape Léon XIII, et du cardinal José de Calasanz Vives y Tutó, capucin espagnol, consultateur du Saint-Office et secrétaire de la Curie généralice. Grâce à eux, Eugène Prévost obtient non seulement une audience privée avec le Léon XII, mais également un rescrit, signé de la main du Pontife, approuvant l’œuvre encore à naître et lui attribuant le nom de Fraternité Sacerdotale : « Votre projet, Cher Fils, semble répondre aux volontés du Dieu très miséricordieux, qui vous appelle à vous dévouer tout entier au bien des Prêtres… Aidé des compagnons que vous réunirez, entreprenez donc avec confiance et avec prudence cette Œuvre » (extrait du rescrit de Léon XIII). De plus, lors de l’audience du 17 février 1901, le pape approuvera verbalement la congrégation des Oblates, représentée par Ninette Prévost, la jeune sœur du fondateur. Le rescrit du pape ayant été signé le 11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes, ce sera la date retenue pour la fondation des deux congrégations. Ces deux dates, du 11 et du 17 février, demeureront pour le père Prévost deux anniversaires qu’il aimera à rappeler à ses enfants spirituels, leur adressant à cette occasion des lettres circulaires rappelant la faveur du pape et l’importance de leur Œuvre.

Les premiers mois de 1901 sont fort occupés : le 4 avril, dans la chapelle privée de Mgr Tarrozzi et en présence du cardinal Vives, Eugène, Ninette et l’abbé Viguerie* prononcent une formule de consécration à l’Œuvre naissante. Puis, en avril et mai, le frère et la sœur s’installent à Frascati. Dans ce cadre enchanteur, le père Prévost compose les constitutions des deux congrégations, que Ninette retranscrit de sa plus belle main. De retour à Rome, il transmet ce texte au cardinal, qui n’y trouve à peu près rien à corriger. Le 26 juillet, fête de sainte Anne, c’est fête en la chapelle du Collège canadien : devant une assistance choisie, Ninette revêt l’habit des Oblates. Deux semaines plus tard, le 10 août, une nouvelle audience privée est accordée au frère et à la sœur. À cette occasion, Léon XIII bénit les cahiers contenant le texte des constitutions, puis envoie en mission le père Prévost et Ninette : « Allez, je vous bénis. » Fortifiés par l’appui du pape, le fondateur et sa sœur repartent pour Paris quelques jours plus tard.



Photographie du père Eugène Prévost lors de son séjour à Frascatti
Lors de son séjour à Frascati, pour rédiger les constitutions des religieux de la Fraternité Sacerdotale et des Oblates de Béthanie, le père Prévost s’est laissé pousser la barbe.



Photographie d'archives montrant Ninette, soeur du père Eugène Prévost, revêtue de son costume d'Oblate du Saint-sacrement, à Rome en 1901
Ninette revêtue de son costume d’Oblate du Saint-Sacrement, en 1901, à Rome. Son départ des Oblates en novembre 1910, ainsi que celui de ses compagnes, sauf une demeurée fidèle à l’œuvre, causera une grande douleur au fondateur.


* L’abbé Émile Viguerie avait été novice jésuite. Il quittera l’œuvre le 14 juin; ce premier abandon peinera beaucoup le père Prévost.


Des obstacles surgissent

Dès son arrivée à Paris, en 1887, le père Prévost aurait voulu réaliser un des projets du père Eymard* : un tiers-ordre féminin, dont les membres assisteraient les Religieux du Saint-Sacrement dans leurs œuvres eucharistiques, notamment l’Association des prêtres adorateurs. À mesure qu’il entre en contact avec des prêtres de partout dans le monde, il est à même de mesurer l’importance d’une autre idée eymardienne : l’assistance aux prêtres en difficulté. Pourtant, même si ces projets rejoignent les intentions de leur fondateur, les Religieux du Saint-Sacrement s’opposent aux propositions du père Prévost. Pourquoi?

Depuis la mort de leur fondateur, en 1868, les Religieux étaient tiraillés entre deux visions de leur vocation. La première datait des premières années de la fondation, et mettait l’accent sur la contemplation : le culte d’hommage rendu au Saint Sacrement exposé par l’adoration était central. La seconde était fondée sur l’expérience du père Eymard à Paris, ainsi que sur son cheminement spirituel des quelques années avant sa mort : l’apostolat devient alors le cœur de la vocation des Religieux du Saint-Sacrement. La tendance bénédictine avait ses partisans, et avait même fait l’objet d’une démarche à Rome pour obtenir une forme d’affiliation avec les Bénédictins. Le chapitre de 1887 avait repoussé l’idée, ce qui avait provoqué la sortie du père Paul Maréchal, trésorier de la congrégation. Celui-ci exigea que la congrégation rembourse les importantes sommes avancées par sa mère pour la chapelle de la rue Friedland, ce qui faillit provoquer une crise financière. Heureusement, avant d’entrer chez les Servantes du Saint-Sacrement, une certaine Madame Lucas fit don d’une petite fortune aux pères, ce qui permit à la congrégation de rembourser le père Maréchal.

Comme la congrégation du Saint-Sacrement venait de traverser une crise, pas surprenant que les autorités communautaires n’aient pas été en faveur des projets du père Prévost. De plus, les pères alors en autorité étaient de fortes personnalités. Du père Albert Tesnière, élu supérieur général en 1887, l’archevêque de Paris dira : « Très intelligent et excellent prédicateur, sa prudence ne semble pas égaler son éloquence. » Le père Prévost le choisira comme directeur spirituel, mais leurs divergences de vues les feront s’éloigner l’un de l’autre. Lors du chapitre de 1893, le père Prévost écrira un mémoire dénonçant l’administration du père Tesnière; c’est le père Joseph Audibert qui sera alors élu supérieur général. Tout au long de son mandat, le père Audibert essaiera de décourager le père Prévost de fonder son tiers-ordre féminin, et s’opposera à sa sortie de la congrégation, en 1900.

On le constate : avant la fondation de la Fraternité Sacerdotale et des Oblates de Béthanie, les obstacles n’ont pas manqué! Mais au-delà du contexte humain, le cheminement spirituel du père Prévost lui aura permis de réaliser pleinement sa vocation. Comme le père Eymard avait dû quitter les Maristes pour actualiser son charisme, de même, le père Prévost se résoudra à faire le sacrifice de sa vocation chez les Religieux du Saint-Sacrement afin de donner naissance à deux nouvelles familles religieuses dans l’Église.



Photographie du père Eugène Prévost datant de 1889 avec le costume des Religieux du Saint-Sacrement
Sur cette photo de 1890, le père Eugène Prévost porte le costume des Religieux du Saint-Sacrement : soutane noire, col à la romaine, insigne du Saint Sacrement sur la poitrine.



Photographie d'archives montrant un ostensoir entouré d'un manteau royal dans la chapelle du couvent des Oblates de Béthanie à Pointe-du-Lac
Après la mort du père Eymard, son successeur comme supérieur général, le père Raymond de Cuers, instaurera la coutume d’exposer le Saint Sacrement devant un manteau royal. Le père Prévost conservera cette tradition, comme ici dans la chapelle du couvent des Oblates de Béthanie à Pointe-du-Lac.


* « Saint Pierre-Julien Eymard (1811–1868) a connu un parcours singulier : novice quelques mois en 1829 chez les Oblats de Marie Immaculée à Marseille, prêtre du diocèse de Grenoble de 1834 à 1839, Mariste de 1839 à 1856, il fonde à Paris en 1856 la Société du Saint-Sacrement, prépare en 1858 la Société des Servantes du Saint-Sacrement qui est érigée à Angers en 1864. » (www.eymard.org) Canonisé en 1962.

Quand l'idée germe

Dans ce premier article commémorant le 120e anniversaire de fondation des congrégations de la Fraternité Sacerdotale et des Oblates de Béthanie (1901–1902), nous examinerons l’enracinement de l’Œuvre sacerdotale du père Eugène Prévost dans sa vie et son expérience.

Son amour pour Jésus Eucharistie. Déjà enfant, Eugène Prévost manifestait un ardent amour et une grande vénération pour le Saint Sacrement. Dans ses souvenirs, il raconte qu’étant servant de messe, il a ramassé une hostie tombée sur le sol de l’église de Saint-Jérôme; il se rappelle aussi combien il aimait, après sa conversion, passer du temps à la tribune de la chapelle, en face du tabernacle. Sa décision d’entrer chez les Religieux du Saint Sacrement, pas encore établis au Canada, le démontre également : même si son amour de la Vierge Marie lui fait d’abord explorer des congrégations à spiritualité mariale, c’est sa découverte d’une communauté entièrement dédiée à Jésus Eucharistie qui décide de sa vocation (Notes sur notre Vénéré Père Fondateur, février 1942). Jésus Eucharistie est demeuré au cœur de la vie du père Prévost pendant toute son existence.

Sa vénération envers le père Eymard. Religieux fervent, Eugène Prévost voulait s’imprégner de l’esprit de sa congrégation. En plus du texte des constitutions, recopié et médité, il a lu et relu les œuvres du fondateur, Pierre-Julien Eymard (canonisé en 1962). Les archives de la Fraternité Sacerdotale conservent plusieurs carnets de notes tirées de la correspondance et de divers écrits du père Eymard. Un autre document est très révélateur : le père Prévost a extrait de la Positio du père Eymard, publiée en 1899, les passages où il est question des prêtres : « Dans une conversation avec le père Tesnière, [le père Eymard] disait le 26 février 1868, quelques mois avant sa mort : “Tenez, écoutez : je veux prendre les prêtres : c’est notre apostolat principal”. [… Le père Eymard], dans sa charité inépuisable pour le prêtre, voulait aussi s’occuper de secourir ceux qui avaient failli à leurs devoirs. […] Combien en a-t-il remis sur la bonne route, en leur montrant l’Eucharistie, en relevant leur confiance en Dieu, en leur ouvrant son cœur sacerdotal! » (Positio, p. 182-184.) On reconnaît bien dans ces passages les orientations futures du père Prévost.

Son expérience à l’Association des prêtres adorateurs. Presque toute sa vie comme religieux du Saint Sacrement s’est passée à diriger cette Association, fondée en 1879 par Marie Hébert de La Rousselière et confiée par elle à la Congrégation du Saint-Sacrement. Ses supérieurs ne lui laissent même pas le temps de terminer ses études de théologie : de 1887 à 1899, sauf deux années passées à Marseille, il réside à la maison-mère de Paris, avenue de Friedland, et se dévoue, parfois jusqu’à l’épuisement, à faire prospérer cette Association. Au fil de ses rencontres et de la correspondance échangée avec des prêtres du monde entier, il est à même de saisir leurs besoins et leurs difficultés. Il constate que plusieurs d’entre eux, laissés à eux-mêmes, sont profondément malheureux, et que certains finissent même par abandonner le ministère presbytéral. Qui se fera le pasteur des pasteurs?

Son amour de Jésus Eucharistie, son approfondissement de la pensée du père Eymard, son apostolat auprès des prêtres, amènent Eugène Prévost à prendre des décisions qui changeront le cours de sa vie et donneront deux nouvelles familles religieuses à l’Église.



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